Projet d’Appui aux Populations Autour de la Forêt Abdoulaye (Projet APAFA)

Projet d’Appui aux Populations Autour de la Forêt Abdoulaye (Projet APAFA)

Suite aux troubles socio-politiques survenus au Togo à partir de 1990, des populations agricoles du nord qui avaient migré vers le sud du pays depuis des décennies à la recherche des terres cultivables, ont été expulsées de leurs exploitations par leurs compatriotes propriétaires terriens du sud.

Une bonne partie de cette population malheureuse avait alors envahi la forêt d’Abdoulaye, une réserve nationale située dans la région centrale du pays, et qui couvre une superficie de 30 000ha.

....Le phénomène d’expulsion des populations de la réserve a réellement affecté de façon regrettable leur vie, aggravant ainsi leur situation socio-économique qui était déjà déplorable depuis les troubles socio-politiques.. Dès lors une action s’impose d’un côté en faveur de ces populations et de l’autre en faveur de la faune.

Grâce à la bonne volonté et aux efforts conjugués des ONG MVCP et Ge TM, un projet d’appui à ces populations a été initié depuis 2007 et lancé en mai 2009.

1- Le défi à relever :  Sortir ces populations de la pauvreté tout en protégeant la réverse de faune.

2- Durée totale du projet : Six (06) ans (2009 - 2015)

3- Structure de mise en œuvre : ONG Mission des Volontaires Contre la Pauvreté (MVCP)

4- Partenaire financier : Association de Solidarité Genève Tiers Monde / FGC (Fédération Genevoise de Coopération)

5- Zone d’intervention du Projet : Préfecture de Tchamba dans la région Centrale du Togo

6- Groupes cibles, Bénéficiaires du Projet : Les Producteurs des villages : Agbawiliga, Ogou Alindè et Hèzoudè

7- Ressources humaines impliquées : (Le personnel ayant exécuté le projet)

  • 2 ingénieurs agronomes,
  • 4 techniciens supérieurs agricoles,
  • 1 comptable gestionnaire,
  • 1 secrétaire-caissière,
  • 1 gardien,

8- Résultats obtenus :

• Les résultats de production

    • Maïs : Rendement passé en moyenne de 0,8t/ha à 3t/ha
    • Soja conventionnel : Rendement passé en moyenne de 0,5t/ha à 1,5t/ha
    • Soja biologique : Rendement passé en moyenne de 0,3t/ha à 1,2t/ha
    • Riz : Rendement passé en moyenne de 1,2t/ha à 3,4t/ha

 • Le désenclavement du village d’Agbawiliga

Avant l’arrivée du projet, Agbawiliga était le village le plus malheureux. Enclavé et durement éprouvé par le problème d’accès à la ville, ce village a perdu une année une femme qui avait besoin d’être rapidement transportée à l’hôpital pour recevoir des soins médicaux d’urgence. Aujourd’hui, grâce à ce projet, ce village est fort heureusement désenclavé par une piste de 21 km dont 18 km reliant le village au chef-lieu de cantonALibi 1; et une bretelle de 3 km tracée en faveur d’un quartier du village. Cette piste restera le plus grand souvenir que cette population gardera de ce projet. Cet ouvrage a été accueilli avec grande joie, non seulement par le village d’Agbawiliga et les autres villages situés tout au long de la piste, mais aussi par les autorités locales et administratives du pays qui viennent de la compléter.

• La protection de la réserve d’Abdoulaye

L’un des objectifs de ce projet était la protection de la réserve qui était menacée de destruction par les populations poussées par la pauvreté. Aujourd’hui fort heureusement, c’est chose faite, aucun producteur dans ces villages ne vit de la réserve. Les résultats de production et les activités éducatives programmées dans ce projet en faveur de cette réserve ont profondément changé les mentalités des populations dans les villages. En plus de cela, les comités de protection de la réserve mis en place dans chaque village font office de police très efficace contre tous ceux qui osent toucher à ce patrimoine. Ceux qui font des tentatives d’entrée dans la réserve sont souvent des étrangers venus des milieux éloignés. Mais cette police locale, avec l’aide des gardes forestiers de l’état parvient à protéger le domaine.

• L’impact socio–économique du projet

Sur le plan socio-économique, ce projet a eu un important impact positif sur les bénéficiaires directs et indirects. Les principaux éléments de cet impact sont :

    • L’élimination de la famine dans les ménages touchés : avant l’arrivée de ce projet, ces villages connaissaient des périodes de soudures assez sévères, au cours desquelles bon nombre de ménages étaient obligés de manger des ignames sauvages creusées dans la réserve. Aujourd’hui, cette triste expérience reste un souvenir lointain pour 100% des ménages.
    • Réduction de l’exode rural : bon nombre de jeunes de ces villages partaient en aventure au Nigeria où ils sont soumis à de dures labeurs dans des exploitations. Aujourd’hui ce phénomène social est réduit au niveau des villages.
    • Amélioration des revenus : la vente d’importants excédents céréaliers a significativement amélioré le revenu de producteurs appuyés par le projet (scolarisation des enfants, soins de santé, acquisition des moyens de déplacement, amélioration de l'habitat, etc...).

• Organisations en coopératives

La notion de coopérative était inexistante dans ces villages, les producteurs géraient individuellement leurs difficultés. Mais aujourd’hui chaque village dispose d’une coopérative bien structurée et active qui défend assez bien les intérêts des membres et leur permet de lever des défis.

• Effet de tache d’huile

La stratégie adoptée dans la mise en œuvre du projet est de sélectionner un échantillon de producteurs pilotes à partir desquels les innovations seront diffusées dans ces villages en faveur des producteurs non touchés directement par le projet. Cette stratégie a réussi à notre grande satisfaction.

• Le renforcement institutionnel de la MVCP

Sur le plan institutionnel, ce projet a beaucoup renforcé la MVCP. De façon globale, il a largement augmenté la visibilité de la MVCP au plan régional, national, et même au-delà. De façon spécifique, les compétences du personnel ont été renforcées à travers les diverses formations, et voyages d’études hors du pays.

9- Références

Divers documents ont été produits dans le cadre de ce projet. Il s’agit de :

  • Les rapports d’activités périodiques conformément à la convention,
  • Une publication scientifique (Titre: Comment réduire la pauvreté en milieu rural et susciter une élite agricole viable, par KONZOU Atinadi)
  • Un reportage vidéo,
  • Des albums photo et posters.